Laissez-vous les sales-cons envahir votre espace ?

Chronique de livre – “Objectif Zéro Sale Cons”

Comme annoncé dans mon défi, voici la première chronique du livre traitant du travail en équipe.

Sous titre : Petit guide de survie face aux connards, despotes, enflures, harceleurs, trous du cul et autres personnes nuisibles qui sévissent au travail

Pourquoi chroniquer ce livre ?

Qui n’a jamais été confronté à une personne difficile, un petit chef, un collaborateur usant voire un tyran ? Ce livre décrit succinctement les symptômes de ces comportements toxiques et aussi les remèdes pratiques pour y survenir, tant d’un point de vue individuel, managérial qu’au niveau entreprise.

 Plan du Livre

  • Préface de l’édition française
  • Introduction
  • Chapitre 1 : Les sales cons au travail : en quoi ils sont nuisibles et pourquoi ils prolifèrent
  • Chapitre 2 : Les ravages des sales cons : de la nécessite de l’objectif zéro-sale-con
  • Chapitre 3 : Adopter, appliquer et pérenniser l’objectif zéro-sale-con
  • Chapitre 4 : Comment maîtriser le sale con qui est en vous
  • Chapitre 5 : Quand les sales cons sont au pouvoir : la trousse de survie
  • Chapitre 6 : Les sales cons ont aussi leurs vertus
  • Chapitre 7 :L’objectif zéro-sale-con : un art de vivre

Préface de l’édition française

Hervé Laroche, traducteur de l’édition française, nous présente l’état des lieux du management à la française. Alors que les entreprises parlent d’amélioration des processus, “lean six sigma”, “first time right”, constante innovation, Hervé Laroche pose la question de la gestion des individus, non seulement des employés en terme d’évolution de carrière, plan de formation, gestion des performances, ce que les dirigeants reconnaissent comme essentiel à la bonne marche et la rentabilité et profitabilité de l’entreprise, mais surtout la gestion des “sales cons” en tant que tel.

Car aujourd’hui la souffrance, le stress, les taux grandissants (ou plus médiatisés) de suicides liés au travail tendent à montrer qu’aujourd’hui, plus que jamais, l’employé évolue dans un contexte difficile qui freine voire dégrade la qualité de son travail. D’autant plus qu’il est désormais avéré, études scientifiques à l’appui, que les employés “performent” mieux et plus dans un climat amical où ils se sentent bien et en confiance.

Hervé Laroche introduit donc la nécessité pour les entreprises françaises, de remettre en cause leur système de management, de prendre conscience des dégâts et coûts engendrés par les “sale-cons”, afin de mettre en place une politique délibérée de contrôle de ces individus. Hervé Laroche présente le livre de Robert Sutton comme un guide à l’attention des entreprises et individus désireux de libérer du joug de leur sales-cons.

 

Introduction

Quand les réunions tournent au pugilat

Robert Sutton explique en détail dans l’introduction pourquoi avoir choisi ce terme “sale-con” (asshole en anglais) plutôt que des versions plus édulcorées telles que “petit-chef”, “personnes difficile”. Hormis le côté un peu provocateur, Robert Sutton explique “qu’entre les portes”, en dehors du “politiquement correct”, ce terme est celui que tout le monde utilise spontanément et qui réfère de la façon la plus élémentaire à un ensemble de comportements connus.

Qui ne s’est jamais entendu penser  ?  “Ce type, quel sale con ! “. Que ce soit dans une situation bien particulière ou à travers un comportement répété au fil du temps.

A la suite d’un article écrit pour le Harvard Business Review, où il ne pensait pas passer le filtre de la censure à cause de ses termes crus, Sutton a été surpris d’être publié, et aussi des nombreux retours qu’il a eu d’un peu partout dans le monde, ce qui l’a poussé à écrire ce livre pour aider les victimes et montrer aux entreprises que cet objectif est réalisable, notamment par le biais de mesures très terre-à-terre.

 

Chapitre 1 : Les sales cons au travail : en quoi ils sont nuisibles et pourquoi ils prolifèrent

Que faire contre la mauvaise foi ?

Les sales-cons peuvent l’être de façon occasionnelle, sous le coup de la pression ou des émotions. Alors que les sadiques, pervers destructeurs adopteront ce comportement de manière systématique, ce qui leur vaut le nom de sale-cons certifiés.

Sutton présente ici les deux critères qui définissent un comportement de type sale-con :

  • Premier critère : avoir avoir parlé à la personne, la “cible” se sent-elle agressée, humiliée, démoralisée ou rabaissée ? En particulier, la cible se sent-elle plus nulle ?
  • Deuxième critère : la personne en question s’attaque-t-elle aux “petits”, de préférence à ceux qui sont plus puissants qu’elle ?

Pour reconnaître plus facilement les sale-cons, Sutton a compulsé la liste des 12 vacheries, ou comportements quotidiens des sales-cons.

  1. Lancer des insultes personnelles
  2. Envahir l’espace personnel d’autrui
  3. Imposer des contact physiques importuns
  4. Proférer des menaces et pratiquer des formes d’intimidations verbales et non verbales.
  5. Dissimuler sous des plaisanteries sarcastiques et des soi-disant “taquinerie” des propos vexatoires
  6. Envoyer des emails cinglants
  7. Critiquer le statut social ou professionnel
  8. Humilier par des remontrances publiques
  9. Couper grossièrement la parole
  10. Porter des attaques hypocrites
  11. Jeter des regards mauvais
  12. Traiter les gens comme s’ils étaient invisibles

En exemple le comportement de quelques grands patrons de grands groupes, ou politiques hauts-placés notamment John Bolton comme ambassadeur américain de l’ONU.

Robert Sutton incite sur la nécessité ne de pas tomber dans l’excès inverse à savoir : promouvoir des “gentils cons“, qualifiés “comme lavettes sans personnalité ni volonté“.

 

Chapitre 2 : Les ravages des sales-cons

Les ravages des sales-cons sont souvent sous-estimés. Leurs attitudes ont des répercussions :

  • chez leur victimes directes et indirectes, ce qui se traduit par une plus grande insatisfaction au travail, des collaborateurs moins impliqués, plus d’anxiété au travail voire des dépressions et cas d’épuisement professionnel.
  • Dans l’entourage des victimes, collègues, amis, famille qui doivent souvent soutenir et épauler leurs proches,
  • sur eux-mêmes, ils deviennent victimes de leur propre comportement car en minant la motivation de leurs victimes ils nuisent à leur propre performance, et leurs succès peuvent être masqué derrières leurs incivilités.
  • Sur les performances de l’entreprise, notamment sur la rotation du personnel, le taux d’absentéisme, et annihile « l’effort librement consenti »

Le Coût Total des Sales-Cons

Comme il est toujours difficile de soutenir un objectif Zéro Sale-Cons en entreprise, sans avoir une idée de sa rentabilité, Sutton conseille de calculer le Cout Total des Sales-Cons, et propose un exemple de grille de calcul.

 

Chapitre 3 : Adopter, appliquer et pérenniser l’Objectif Zéro-sale-con

Résister ou capituler ?

Sutton met en garde de ne mettre en place que des paroles et de ne pas prendre actions pour évincer tout comportement de type sale-con. Ce qui serait plus préjudiciable que de ne pas mettre en place d’objectif Zéro-sale-con. Google et South West Airline sont cités pour pouvoir licencier pour cause «d’inéquation à la culture d’entreprise».

Lors du recrutement

Il est donc fondamentale d’inclure cet objectif dès le processus d’embauche, en passant par exemple par une période de stage, ou un recrutement par une équipe élargie, car le danger ultime est que les sales-cons recrutent des sales-cons. Sutton donne en exemple la politique de Men’s Warehouse, ou l’un des vendeurs phare s’est fait remercié après plusieurs rappel à l’ordre, et le chiffre total d’affaire plutôt que de plonger, s’est vu améliorer de 30% globalement sur tous les autres vendeurs.

Parmi les Clients

Les clients difficiles monopolisent souvent 80% des ressources pour seulement 20% de résultats, minent l’ambiance, favorise une culture du mépris et de l’agressivité.

Les racines du mal : les différences de statut et de position

dans la plupart des entreprise, les dirigeants sont mieux payés que les employés et font l’objet de flatterie hypocrite. A cause du pouvoir qu’ils ont acquis ils se comportent d’avantage avec arrogance et considèrent plus facilement chaque situation ou personne comme un moyen de parvenir à leur fin, souvent sans avoir l’impression de mal se comporter. Plusieurs études scientifique illustrent d’ailleurs ce phénomène. Donc réduire l’écart entre les hautes-sphères dirigeantes et les employés est un signe fort de reconnaissance entre les différents niveaux managériaux, dans les entreprises ou l’objectif zéro-sale-con est en place, les PDG adhèrent au paradoxe pouvoir-performance : l’entreprise doit avoir avoir une hiérarchie pour fonctionner, mais ils limitent les différences de pouvoir et de statut entre les salariés.

Apprendre aux gens à se battre de manière constructive

« Battez vous comme si vous aviez raison, écoutez comme si vous aviez tord »

Loin de diaboliser le conflit et voir une fausse ambiance bienveillante hypocrite prendre le pas, les dirigeants doivent favoriser l’échanges d’opinion, la remise en cause des statut quo et des décisions « venant d’en haut » chez leurs collaborateurs. Certaines entreprises forment leurs employés à la « confrontation constructive », pour articuler leur argumentation sur des faits et ne pas s’attaquer à la personnalité de leur collègues. Ce qui avec le temps d’avère difficile car il faut s’efforcer de maitriser chaque réunion, conversation, communication et s’astreindre à garder à l’esprit toutes les petites choses qui peuvent fâcher.

Faut-il un objectif « Un-seul-sale-con » ?

Des dizaines d’études sociologiques tendent à prouver qu’il est préférable d’avoir de « garder » un ou deux sales-cons dans l’organisation. En effet dans un environnement donné, un sale-con qui enfreint une règle connue de tous, alors qu’elle est généralement respectée, pousse indirectement les témoins de cet actes à respecter d’autant plus cette règle. Les conclusions de ces études montrent que si un ou deux sales-cons ne retirent aucun bénéfices de leur comportement, les autres seront plus enclins à respecter les règles établies.

Attention pas de jugement hâtifs

Dans la poursuite de l’objectif zéro-sale-con, il ne faut pas tomber dans l’excès inverse et voir un sale-con dans chaque collaborateur. En effet tout le monde est sujet à des passage à vide, et la colère et le ressenti sont des sentiments tout à fait utile aussi sur le lieu de travail. Plutôt que de coller cette étiquette de façon un peu hâtive il est préférable de constater si le comportement de sale-con se répète au court du temps et ce malgré les mises-en-garde répétées.

Applique l’Objectif en liant les grand dessins de l’entreprise et les petits efforts de chacun

Pour être efficace la politique de gestion des sales-cons doit dériver de la vision et la stratégie de l’entreprise, le cercle vertueux est atteint lorsque les grandes actions de l’entreprise et les petits efforts de chacun convergent vers le même but.

Chapitre 4 : Comment maitriser le sale-con qui est en vous

Lorsqu’on vous pousse à bout !

L’une des leçons du chapitre 3 réside dans le fait de mettre en place des actions pour traiter les sales-cons. Il est donc naturel de commencer par soi-même.

Tout le monde à un moment ou à un autre, sous l’effet du stress, de la pression, de la fatigue est amené à se comporter comme un sale-con dans certaines circonstances. Cependant les connards certifiés auront transmettre leur comportement de façon contagieuse. Sutton recommande de traiter les sales-cons en conséquence : comme une forme de maladie contagieuse.

La première action pour se prémunir du sale-con qui sommeille en vous est de :

Éviter l’empoisonnement par les sales-cons

Fuyez les connards

Tout comme pour éviter la grippe il est préférable de ne pas côtoyer de malades porteurs du virus, pour ne pas réveiller son sale-con intérieur mieux vaut fuir les sales-cons certifiés de notre entourage. Donc autant que possible, évitez de prendre un poste réputé pour être entouré de sales-cons, car plus le temps passe et plus les efforts ont été dépensés pour s’en accommoder, plus la décision de partir est difficile.

Partez ou restez à distance

S’il n’est pas toujours possible d’éviter de travailler avec des sales-cons, alors la meilleure stratégie reste la fuite ou l’évitement : minimisez les rencontres ou les occasions d’avoir affaire à eux.

Attention : considérer ses collègues comme des rivaux voire des ennemis est un jeu dangereux

Bien souvent les systèmes d’évaluation de performances en entreprise sont compétitifs, et il semble alors naturel que penser que Untel nous à « volé » notre promotion qu’il ne méritait pas. Pour enrayer ce mécanisme, Sutton incite chacun à utiliser un vocabulaire axé sur la coopération et l’entraide plutôt que des métaphores empruntées à la guerre ou aux sport de combat. Car un des trait commun à de nombreux leaders charismatiques est de mettre en avant l’équipe avant eux-même : ils parlent de « nous » à la place de parler de « je, moi, moi-je ».

Un (re)cadrage de comment nous percevons et communiquons avec le monde peut donc dompter le côté obscur qui est en chacun d’entre nous.

Voyez-vous comme les autres vous voient

Comme les sales-cons sont définis par les effets qu’ils ont sur les autres, ce que vous pensez de vous-même n’a pas beaucoup de valeur par rapport à ce que votre entourage pense de vous. Même s’il est souvent difficile de connaître l’opinion qu’ont les gens à notre sujet, certains signes ne trompent pas : grêve du zèl, relations distantes, ou cordiales et professionnelles mais sans plus. Le meilleur moyen reste de demander, tout en expliquant la démarche, avouant avoir eu des accès de sale-con, et montrer la volonté de devenir un sale-con repenti. De cette façon les personnes seront plus enclines à nous faire part de leurs opinions à notre sujet et de nous rappeler à l’autre lorsque débordement il y a.

Affrontez votre passé

Puisque le « comportement passé est le meilleur indicateur du comportement futur», regardez dans vos expériences passées quel comportements vous avez eu dans des conditions quasi-identiques. Cela peut vous aider à évaluer un risque de devenir un sale-con si des les cours du primaire vous passiez votre temps à tyranniser ou vous moquer des plus faibles.

Evaluer aussi le contexte culturel dans lequel vous avez grandi et évolué (familial, professionnel), quelles sont les valeurs que vous défendez. Vous aurez sans doute plus de facilité à sortir de vos gongs si un sale-con vient à les bafouer.

Sale-con : Connais-toi toi-même

« Admettre qu’on est un sale-con est le premier pas »

Pour empêcher de se transformer en sale-con, il est essentiel de savoir dans quel contexte, à quel sujet il se manifeste, et aussi de savoir comment les autres vous perçoivent si votre comportement de révèle pas vos véritables intentions.

Enfin si vous désirez aller plus loin dans l’introspection, Sutton conseille l’utilisation du Détecteur de Sale Cons, créé par le MIT, cet outil en anglais fonctionne à la voix, et alerte l’utilisateur sur base du ton employé. Sinon Sutton propose un questionnaire de 24 questions, pour déterminer votre degré de sale-con, ce questionnaire est à remplir par un maximum de vos collaborateurs de façon anonyme à votre sujet.

Chapitre 5 : Quand les sales-cons sont au pouvoir : la trousse de survie

Comment faire face aux sales-cons ?

Même si 25% des personnes sujettes à du harcèlement et 20% de celles qui en sont témoin démissionnent, il demeure exacte que le plus grand nombre de personnes reste et doit faire face à la situation.

Recadrage : changer la façon dont vous voyez les choses

Des études scientifiques ont montré que la façon dont voit les choses a une influence sur notre niveau de stress et que changer sa vision des choses permet d’en atténuer les dégâts. Par exemple : cesser de culpabiliser, espérer le meilleur tout en s’attendant au pire, et cultiver l’indifférence et le détachement émotionnel.

Espérez le meilleur et attendez vous au pire

Choisir de voir les rencontres humiliantes sous un éclairage optimiste peut aider conserver sa santé mentale, cependant espérer que ces connards patentés qui vous font vivre un calvaire vont subitement chanter vos louanges vous expose à de nombreuses frustrations et désillusions. La clé est donc d‘imaginer la situation humiliante sous un jour optimiste sans espérer que les personnes qui en sont à l’origine vont changer. De cette façon la situation perd de sa gravité, et si l’un des sales-cons vient à se comporter de façon charmante, vous serez positivement surpris sans que vous n’espériez un changement en profondeur de sa part.

Cultivez l’indifférence et le détachement émotionnel

A contrario des grandes pensées sur l’engagement passionné pour son travail comme gage d’excellence et de performance exceptionnelles, il est parfois nécessaire de prendre de la distance par rapport à son travail. Ceci est particulièrement vrai dans un emploi « alimentaire », non-valorisant, inintéressant, soumis à de grandes pressions et régit par des managers exigeants voire despotiques. Ce détachement émotionnel est souvent salutaire pour éviter l’épuisement professionnel.

Recherchez les petites victoires

Si vous ne pouvez pas gagner la bataille contre les sales-cons, concentrez-vous sur les petites victoires, celles qui vous permettent de gagner petit à petit le contrôle, car « sentir que l’on a un certain pouvoir peut atténuer le sentiment de désespoir et d’impuissance ».

Exposez vous le moins possible

En vous exposant moins aux sales-cons, vous réduisez la fréquence et l’intensité des humiliations et de cette façon vous gardez le contrôle et contribuez au maintien de votre propre estime de soi, privilégiez les expositions de courtes durées comme les réunions debout ou sans chaise (réputées scientifiquement pour être tout aussi efficaces que les traditionnelles réunions assises), favorisez les conférences téléphoniques durant lesquelles vous pouvez coupez le son si un sale-con venait à se manifester. Cependant ayez à l’idée que « le travail à distance » favorise les conflits et les incompréhension. Cette distanciation est à réserver aux sales-cons certifiés qui ont déjà un passé lourd d’humiliation à votre encontre.

Créer des havres de sécurité, de soutien et d’équilibre

Trouvez des refuges ou ces sales-cons ne pourront pas pas venir, parler de vos mésaventures, trouver d’autres victimes, échanger : tout autant de petits détails qui permettent de se créer une zone de sécurité. Le soutien d’un collègue ou d’un client compatissant peut s’avérer redoutable pour s’immuniser contre le comportement d’un sale-con. Mais attention toute fois à ces que ces échanges d’expérience ne se transforme pas en « bureau des pleurs », auquel cas c’est la spirale infernale qui tire tout le monde émotionnellement vers le bas. Dans tous les cas évitez de créer des conditions qui démoralisent au lieu de réconforter.

Battez-vous pour remporter des petites victoires constructives

La stratégie des petites victoires peut renforcer le sentiment de contrôle, améliorer un peu les choses autour de vous, et peut-être entamer la culture viciée qui vous entoure en la rendant meilleure. Par exemple, refuser de se mettre en colère après les attaques répétées d’un sale-con à votre encontre, peut, in fine, amener plus de respect à votre égard, et développer votre capacité à contrôler vos sentiments.

Même si la tentation de rendre la pareille du tac au tac est grande à l’égard de ce sale-con qui vous pourrit la vie, il va sans dire que vous jouez un jeu risqué dont vous n’êtes pas certain de sortir vainqueur.

Sutton conseille d’observer son « bourreau » et de préparer une vengeance adéquate pour le moment ou il ne pourra pas se défendre : comme cette employée qui avait bourré ses chocolats de laxatif contre son patron qui les lui mangeait tous inopinément.

Une autre technique consiste à observer les situations dans lesquelles le harceleur n’a pas réussi son travail de sape, et d’appliquer ces mêmes techniques.

Prendre sur soi, c’est bien mais se libérer, n’est-ce pas mieux ?

Bien qu’en l’absence d’opportunité, il est souvent nécessaire de « faire avec » les sales-cons qui nous entourent, en s’astreignant à voir les choses de façon positive, en se détachant émotionnellement, en construisant ses petites victoires jour après jour. Il faut toujours garder à l’esprit que côtoyer ces sales-cons est hautement toxique et augmente le risque de devenir soi-même un connard patenté.

Ces tactiques d’évitements ne devraient servir qu’à tenir bon, jusqu’au jour où l’opportunité de changer se présentera.

Chapitre 6 : Les sales-cons ont aussi leur vertu

Quand parfois, il faut être un sale-con soi-même.

Certains argumentent que pour réussir il faut être un sale-con, et citent Steve Jobs, Larry Ellison d’Oracle ou Michael Eisner PDG de Disney comme exemples, ces derniers étaient connus pour être difficiles à vivre et leur accès de rage mais aussi pour savoir insuffler l’énergie et la force créative à ceux qui les entourent.

Bien que Robert Sulton ne cautionne pas les sales-cons en tant que tel, il leur reconnaît une certaine utilité, mais met en garde contre les dérives qui peuvent survenir.

Les vertus de la méchanceté

Gagner du pouvoir personnel et se créer une réputation

Il est souvent admis que les puissants maltraitent les plus faibles, que les responsables s’accaparent les succès mais blâment leur subalternes lorsque les choses vont mal, et ces derniers ont tendance à flatter leur patron pour s’attirer leurs bonnes grâces et éviter les douches froides, s’excusant platement en cas d’erreur, alimentant ainsi un cercle vicieux.

Il est montré scientifiquement que des éclats de voix, des gestes de violence, des paroles méprisantes placées stratégiquement renforce dans les yeux de l’observateur l’idée que la personne est compétente.

Une autre étude montre que les personnes qui émettent des critiques négatives sont perçues comme moins sympathiques mais plus compétentes dans leur activité.

Intimider et écraser ses rivaux

Chez Intel ou la « confrontation destructive » est utilisée de façon systématique dans un but de créativité, il a été observé que les jeunes nouveaux pratiquent souvent le sarcasme et les critiques mordantes ce qui leur vaut de monter plus rapidement dans la hiérarchie. Alors qu’on retrouve l’intimidation comme moyen de se faire respecter dans des milieu violent tels que la mafia, et aussi parfois dans le sport, il arrive que certains dirigeants l’emploient aussi à des fins stratégiques, tout comme Steve Jobs l’a fait a plusieurs reprises envers ses concurrents.

La peur comme facteur de performance

La peur est un facteur de motivation puissant, elle pousse les gens à vouloir éviter la confrontation et la sanction de l’humiliation publique. En revanche de nombreuses études démontrent que la récompense est une source de motivation beaucoup plus efficace que la peur. En dosant subtilement les colères avec les récompenses certains intimidateurs arrivent à générer chez leur collaborateurs un mélange de crainte et d’admiration qui les pousse à donner le meilleur d’eux-même pour éviter de décevoir leur mentor et aussi éviter de se faire réprimander.

Rappeler à l’ordre les tricheurs, glandeurs, et autres paumés

Même si vous même n’êtes pas un sale-con patenté, il peut s’avérer nécessaire de revêtir ce costume de temps en temps. En effet lorsque toutes les méthodes « douces » pour faire valoir vos droits ont échoué, un coup de gueule bien maitrisé peut s’avérer très efficace. L’auteur présente un cas de colère stratégique qu’il a du employer lors d’un passage dans un aéroport, en correspondance et en retard il avait du se mettre à hurler pour se faire remarquer des employés qui l’ignoraient alors qu’il avait besoin de se faire enregistrer rapidement pour pouvoir avoir sa correspondance.

Être un sale-con, ça marche parfois mais attention aux dangers

Il est malheureusement vrai qu’il peut être utile de se comporter en sale-con. Cela peut permettre de gagner du pouvoir, battre ses rivaux, utiliser la peur pour motiver ses pairs et secouer ceux qui sont à côté de la plaque.

Cela peut aussi vous aider à avoir la paix lorsque vous ne voulez pas être dérangé. La technique du bon et méchant flic s’avère aussi efficace dans cette situation, si à chaque fois que quelqu’un entre dans votre bureau et que votre associé accueille l’importun bras croisés avec un regard de glace.

Malgré tous ces avantages apparents, il faut faire très attention à l’utilisation de techniques de sales-cons, car comme de nombreuses études le démontrent, sur le long terme, les sales-cons certifiés font plus de mal que de bien, alors attention de ne pas glisser sur la pente glissante du sale-con.

Les entreprises qui ont choisi de favoriser le respect au détriment de la peur et de l’intimidation connaissent des rotations de personnel moins importantes, partagent plus librement les idées et connaissent moins de concurrence interne.

Alors si même des études scientifiques et les résultats des entreprises les mieux classées tendent à prouver que de se comporter en sale-con n’est pas une stratégie gagnante, pourquoi font-ils illusion ?

  • L’une des première raison et que les sales-cons réussissent souvent en débit de leur comportement, et non grâce à ce dernier, mais il en concluent à tors que c’est une raison de leur succès, car ils en sont intimement persuadés.
  • Une autre raison est de confondre tactiques qui permettent d’avoir du pouvoir avec celles qui permettent de gérer des équipes avec succès.
  • Une troisième cause est due aux mesures que les victimes utilisent pour se défendre de ces agissements. En effet ils évitent les confrontations, passent sous silence les mauvaises nouvelles et renforcent l’illusion aux yeux du sale-con de son efficacité.

 

Chapitre 7 : L’objectif zéro-sale-con : un art de vivre

L’objectif Zéro Sale-Con : la voie d’un environnement de travail zen ?

Les 7 leçons essentielles à retenir à propos de l’objectif zéro-sale-con :

1 – Il suffit de quelques enflures arrogantes pour gâcher la bonne ambiance créée par une foule de personnes civilisées

Si vous vous souvenez que les interactions négatives ont 5 fois plus d’influence que les interactions positives, vous verrez l’intérêt de réduire toute incivilité sur votre lieu de travail. Pour mettre en place l’objectif zéro-sale-con, il vous faut d’abord identifier, rééduquer si possible ou vous débarrasser de ces sales-cons toxiques pour la santé morale et financière de votre entreprise.

2 – Parler de l’objectif, c’est bien, mais le mettre en pratique, c’est mieux

Plus que de la placarder sur tous les murs de tous les couloirs de votre entreprise, il est plus efficace de prendre des mesures concrètes vis-à-vis des sales-cons identifiés. Si la règle générale et que tout comportement irrespectueux est pénalisé, et que tout le monde se sent responsable de faire respecter cette règle tacite, alors les nombre de sales-cons ou de comportements de ce type va décroitre de lui-même. En parler, sans prendre de mesure concrète peut s’avérer d’autant plus dangereux pour votre crédibilité, lorsqu’il sera avéré que certains de vos collaborateurs sont des sales-cons certifiés, mais qu’en plus de ne pas avoir été sanctionnés, ils ont réussi à grimper les marches de la hiérarchie.

3 – l’Objectif vit ou meurt dans des situations réelles.

Mettre en place une politique zéro-sale-con ne sert à rien si vous ne traitez pas les situations qui se présentent, là maintenant, tout de suite ! C’est de cette façon que les gens se rendent compte des méfait de leurs comportements.

4 – Faut-il garder quelques sales-cons ?

Même s’il peut être utile de garder quelques sales-cons pour montrer à vos employés ce qu’il ne faut pas faire, cette tactique peut s’avérer très dangereuse, car sachez que si les sales-cons échappent à votre contrôle, ils peuvent se reproduire comme des lapins.

5 – Faire appliquer l’Objectif Zéro-sale-con n’est pas réservé aux dirigeants d’entreprise

Si chacun se sent responsable et autorisé légitimement à faire respecter l’objectif zéro-sale-con, alors la prolifération de comportements irrespectueux sera d’autant plus difficile. Tout le monde peut à son niveau être le garant d’un climat de travail sain et respectueux.

6 – La honte et la fierté sont des motivations puissantes

Dans les organisations qui ont mis en place l’Objectif Zéro-sale-con, ceux qui y contribuent en sont fières, en retire de l’admiration (qui n’a jamais félicité silencieusement l’audace d’une personne de rabaisser son claquer à un enquiquineur alors que personne n’osait lui faire de remarque ? ) alors que les sales-cons en ressortent petits et honteux d’être subitement le mouton noir du troupeau et d’être montré du doigt.

7 – Nous sommes tous des sales-cons

Il nous arrive tous à un moment donné d’être ce sale-con, irrévérencieux et exécrable, et pour réussir à mettre en place l’Objectif Zéro-sale-con il faut commencer par balayer devant sa porte, en s’évertuant d’éviter les sales-cons, les situations dans lesquelles vous devenez vous même un sale-con. Car le premier pas, c’est de reconnaître soi-même que l’on est un sale-con.

Conclusion de l’auteur

Nous passons un trop bref instant sur terre pour gâcher notre temps au contact de sales-cons. Ce livre a pour but de d’aider à repérer ces individus et à leur apprendre à se comporter autrement, lorsqu’ils ont dépouillé les autres de leurs confiance en soi et de leur dignité.

 

Mon Avis

Ce livre met un pavé dans la marre des idées reçues du type : Pour réussir il faut être désagréable hautin, irascible. Il dénonce avec brio les conséquences des comportements difficiles et comment les victimes s’en protègent. Il parvient à décrire précisément les sales-cons et leurs effets pour que chacun en viennent à se dire « mais je connais quelqu’un comme ça!). Après l’avoir lu je suis sûre de son utilité, notamment sur le fait de surveiller le « sale-con qui sommeille en nous ». Les premières actions que je vais mettre en place, c’est de surveiller l’usage de sarcasme et humour noir avec mes collaborateurs, pour ne pas glisser sur la pente dangereuse du sinisme.

Points positifs

  • Un style vivant, beaucoup d’humour, se lit presque comme un roman
  • de nombreuses anecdotes illustrent la « théorie »
  • un format agréable à lire, ni trop long ni trop court
  • des exemples d’entreprises qui ont mis en place l’Objectif Zéro-sale-con
  • des histoires de la vie de tous les jours ou chacun se reconnaît
  • pas d’explication théorique et scientifique aux termes alambiqués, un livre écrit pour tout le monde.

Points négatifs

  • un titre délibérément accrocheur
  • l’emploi un peu trop récurrent du terme « sale-con » qui peut parfois dénaturer le message, et risque de basculer dans le cliché.

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